L'Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
L'Achillée millefeuille ou la Millefeuille (Achillea millefolium L.) est une espèce de plantes herbacées vivaces de la famille des Astéracées, cosmopolite dans l'hémisphère Nord. C'est une plante comestible dont on peut utiliser les feuilles (à goût astringent et à faible odeur camphrée) et l'une des plantes le plus couramment utilisées en médecine traditionnelle depuis plus de 3000 ans.
La plante possède plusieurs noms vernaculaires: herbe à dindes, herbes à dindons, persil à dinde, herbe aux charpentiers, herbe aux cochers, herbe aux militaires ou au soldat, herbe à la coupure ou saigne-nez. C'est l'une des herbes de la Saint-Jean, aussi dite herbe de Saint-Joseph et herbe des menuisiers, sourcils de Vénus.
La floraison a lieu de mai à octobre.
Cette espèce est cosmopolite dans l'hémisphère Nord. On la trouve en Eurasie et en Amérique du Nord.
Plante héliophile, elle tolère mal l'ombre. Elle pousse dans les zones à boisement peu dense (hêtraies-chênaies), sur les bords de route et les terrains vagues.
Cette plante a été trouvée dans une tombe néandertalienne découverte lors de fouilles archéologiques à Shanidar, en Irak. Les hommes de Néandertal semblaient avoir une pharmacie rudimentaire basée sur les plantes, et l'une des huit plantes identifiées au moyen des grains de pollen trouvés sur ce gisement était l'achillée. Une analyse d'ADN a confirmé la présence d'ADN de cette plante dans de la plaque dentaire néandertalienne.
Le Grec Dioscoride (Ier siècle) fut le premier à mentionner la millefeuille comme une plante incomparable pour traiter les plaies saignantes ainsi que les ulcères anciens ou récents.
Pline l'Ancien, naturaliste romain du Ier siècle, cite Achille, héros de la mythologie grecque, qui s'en servit avec de la rouille pour guérir la blessure de Télèphe. Au IVe siècle, le médecin bordelais Marcellus Empiricus devait reprendre cette thèse pour recommander la millefeuille contre les saignements.
Dans la culture et littérature perses, où le nom Bumadaran désigne plusieurs espèces du genre Achillea, ces espèces sont dites toniques, anti-inflammatoires, antispasmodiques, diaphorétiques, diurétiques et emménagogues, cicatrisantes et utilisées contre la pneumonie, des douleurs rhumatismales.
La plante est présente en Amérique du nord : au Nouveau-Mexique hispanophone, comme dans le sud du Colorado, l'espèce est nommée plumajillo (« petite plume ») et les Amérindiens, tout comme les premiers colons l'utilisaient pour son astringence favorisant la cicatrisation et l'anti-saignement.
Dioscoride préconisait les Achillea contre la dysenterie et de par le monde, plusieurs espèces d'Achilées ont été utilisées pour soigner le tractus gastrointestinal (peut-être parce qu'elles auraient aussi des propriétés antibactériennes).
Jusqu'au XIXe siècle, elle a notamment été utilisée pour accélérer la cicatrisation (dont gynécologique) et améliorer le système hépatobiliaire.
Durant la Première Guerre mondiale, elle faisait partie du «kit de première urgence» porté par chaque soldat qui pouvait soigner des blessures légères avec cette plante.
Elle a été utilisée pour la cicatrisation de plaies et saignements, contre les maux de tête, l'inflammation, certaines douleurs (analgésique), les flatulences et la dyspepsie, le diabète, ou comme cholagogue, antitumoral, antioxydant, antifongique, antiseptique et protecteur du foie (limitant les effets de la cirrhose); supposément en raison de ses teneurs en huiles essentielles (sesquiterpènes, composés phénoliques, etc.). On l'a aussi utilisée contre les maladies spasmodiques.
Photo prise le 22 mars 2026: